Lundi 18 février 2008
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Il était une fois une Odile qui s'en allait parcourir le vaste monde. Avec ses cheveux ravagés et sa classe toute parisienne elle allait en voir des
choses!
Challenge n°1 : où Odile part a l'assaut des tours hong kongaises
Elle l'a fait! ... boire et reboire un caramel macchiatto dans l'un des milliards de Starbucks de la plus prodigieuse cité de l'univers. Quel délice!
Ce fut devant un paysage new yorkais rehaussé de touches londoniennes, un vendredi.
Tard le soir, elle ne voulut voir que le spectacle des mille feux de la ville où les gratte-ciel se répondent les uns aux autres dans un son et lumière entre terre et mer. Y a pas à dire, Hong
Kong c'est haut, petit, dense, compact, touffu, aérien. Chinois aussi, entre les tours sans fin se faufilent des ruelles encombrées de boutiques chinoises, décorées comme elles l'étaient de
paillettes et de rouge, pour mieux appeler fortune et prospérité sur le-royaume-de-l'argent-qui-coule-à-flots. Mais c'est du haut du Peak qu'elle dormi, prit ses petits déjeuners français, et
regarda des dvd français (Le Corniaud, of course). Le Peak, c'est le quartier classe et trendy de Hong Kong, parce que quand on s'apelle Odile on ne peut que marcher sur les traces des
colons anglais qui fuyaient la chaleur de la ville sur les hauteurs de l'île. Le Peak c'est cheac.
Challenge n°2 : sea, sun and mouffles
Elle n'a jamais été aussi heureuse que ce matin là, un mardi.
Elle marchait sur une plage déserte sur l'île de Lama, voisine de Hong Kong. C'était l'hiver, un hiver où il faisait beau. Une saison qui n'existe que dans le sud de l'est de l'Asie. On
l'apelle le froid polaire sableux sous les cocotiers gelés. Lama c'est une île charmante où de petites habitations se boboïsent, séparées par les potagers soignés et cocquets.
Ouaip, m'enfin le plus fun c'est tout de même dans le ferry, de se mesurer aux lourds pétroliers, porte-containers, roros, qui passent sans même nous remarquer, impassibles face
à l'ivresse du vent.
Challenge n°3 : seule dans la jungle urbaine
Parce que les Odile ont de qui tenir, elles savent prendre seule le bus n°1 au Peak a Hong Kong pour descendre "into town" sur une route vertigineuse, pentue, cernée par le vide
ou la falaise, un mercredi. Les Odile n'ont pas peur et montent à l'étage du bus pour mieux affronter le danger. Un Sioux n'aurait pas mieux fait. Le trajet se fait le long d'un végétation
luxuriante, dont le sol penché est recouvert de béton armé parce que quand même un glissement de terrain sur Hong Kong ce serait pas drôle. Mais la végétation recouvre ce béton armé. Hong
Kong c'est ça, il y a toujours quelque chose pour brouiller les pistes, toujours une passerelle pour piétons qui sert de toit à la chaussée, toujours un étage pour en
recouvrir un autre, toujours un sous-sol pour se superposer à un autre... Dans tout cela et dans son bus, Odile a bien cru valser dans le décor un millier de fois. Tout ça
pour finir lilliputienne dans un aéroport digne de l'Arche de Noé où tous les peuples sont représentés, tous les yeux - globuleux, fins, ronds - tous les nez - grecs, gaulois, absents - tous
les cheveux - verts, rouges jaune, gris, multicolores ou rayés - et moi. Tout ça pour finir en tee shirt, géante dans un aéroport de lilliputiens phnom penhois. Une autre jungle faite de touk
touk, de motos dop, de klaxons et de déambulations. Ne l'appelez plus jamais Odile, mais Lady Odile
...ou Touktouk Lady, ou Moto Lady. Elle fut sans cesse hélée par des fans voulant à tout prix qu'elle leur fasse l'honneur de se poser en amazone sur leurs
embarcations...Tout de même..!
Challenge n°4 : le paradis
S'endormir bercée par le bruit du ventilateur accroché au plafond, rafraîchie. Dormir sous des moustiquaires, sans couette. Porter un casque de moto, ou pas. Répondre aux
"Hello!" et sourires des Khmers, un langage universel. Boire des jus de fruits frais le long des rues sales.
Il y a quelque chose de sauvage dans les rues de Phnom Penh, les trottoirs mal définis, l'embrouillamini de toutes les races de véhicules se côtoyant de près, les enfants qui vont pieds nus dans
l'agitation nerveuse de la ville.
S 21, c'est le nom du Musée du génocide par les Khmers rouges. C'est une ancienne école qui a pris le visage de l'horreur et que l'on visite de pièce en pièce pour voir les salles
de tortures, les photos des victimes, celles des bourreaux. Le Lonely Planet l'avait dit : vous ressortirez abattue. Or, Odile ne voulut pas être abattue; elle en est sortie révoltée. Le
devoir de mémoire fait, ne nous complaisons pas dans l'horreur. Ne surtout pas se perdre dans l'imagination de ce que ces pièces au dépouillement brutal suggère plus fortement que n'importe
quel film ou exposition, de ce que ces lits de fer ou ce carrelage taché de sang dit d'une histoire qu'on a peine à associer aux sourires et regards des Khmers. C'était un vendredi.
Se souvenir, certes. Mais laissez Odile ne retenir du Cambodge que la beauté d'un soleil couchant sur le Mekong, la joie d'avoir goûté à l'émerveillement dans un village viet, Wat Champa, où
elle a été fêter le Têt.
Un village fait de maisons de bois en pilotis, de barques aux bouts pointus nonchallament bercées par le rythme lent du fleuve.
Un village où des enfants l'ont suivie le long d'une promenade au bord du Mekong...
Laissez-lui ce souvenir imperissable d'un pays où la dureté se noie dans le sublime, où les villages se déploient le long des routes, par des maisons de fortune aux longues jambes
droites dont les pieds attendent l'eau en cette partie de l'année.
Non loin de Kompong Cham, petite ville à 80km environ de Phnom Penh, Odile a goûté à l'atmosphère d'une plantation d'hévéas laissée par les Français, immenses étendues silencieuses et
magiques où la nature donne à l'homme sa richesse, les arbres saignent dans un silence envoûtant pour nous donner des pneus.
Alors bien sûr Odile s'est baignée dans le Mekong - un dimanche -, bénédiction de tous les dieux au calme tranquille.
Bien sûr, Odile a été à Angkor, un jeudi.
Odile a vu la cité oubliée se remplir de touristes au petit matin, l'appareil au poing pour saisir L'instant : le lever du soleil sur Angkor Wat et son reflet dans un bassin d'eau
illuminé.
C'est à vélo que les kilomètres qui séparent chaque temple ont été squizés par les mollets d'Odile. Elle, géniale, qui a eu cette reflexion en pédalant : Angkor, c'est grand. Elle a vu des
éléphants pour touristes se ballader sur les mêmes routes qu'elle, des troupeaux de touristes prendre en photo d'un même élan une petite statue ma foi qui ferait bien dans son salon.
Elle a vu de ces pièces de musée, que même Blake et Mortimer ont à côté de leur cheminée!
Bien sûr, Odile a assisté à une conférence de François Ponchaud, grand spécialiste du Cambodge, qui vit, parle, rit khmer. Une conférence fort intéressante, ma bonne dame, où il fut dit que
l'avenir politique du Cambodge sera ou ne sera pas khmer.
De retour a Phnom Penh, un dernier jour dans la plus prodigieuse cité de l'univers, où les Chinois avaient retrouvé leurs quartiers, de retour de la fête du nouvel an. Phnom Penh, plus animée que
jamais, plus dense encore. Retour chez ses amis de Phnom Penh à qui elle dit merci pour leur accueil, comme à ceux de Wat champa et de Kompong Cham.
A Phnom Penh, PSE, l'association fondée par un couple de Français, 'Pour un Sourire d'Enfant', a accueilli Odile un vendredi pour un repas dans son restaurant à l'allure *** pour un
self à volonté, service heureux et bien accueillant par les enfants de la décharge.
L'avenir du Cambodge, le pays aux mille ONG, ne peut qu'interpeller celui qui tombe amoureux de ce pays. On espère qu'il vivra heureux...
Challenge n°5 : retour à Kunming!
Revenir. Redevenir Chinoise pour celle qui s'était pris au jeu de la khmeritude.
Retrouver colocs et élèves, mouffles et pantoufles, tisanes et pyjama rose! C'était un Samedi 16 février.
Le Centre Francophone de Kunming est heureux de vous annoncer la naissance de culturechine, un site particulièrement bien fait (!) sur là où Odile travaille, elle et ses colocs.
Bonne et heureuse année du rat!