Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /2008 07:55

Rome, Rome! On voudrait trouver des mots nouveaux... Nan, attends je suis toujours en Chine! ha ha

Keunimngue - c'est comme ça qu'on dit quand on est des lecteurs assidus de Le Lotus BLeu

Il n'a pas échappé à votre esprit déductif peu commun que voilà le joli mois de mai, le mois qui ne me promet plus que 4 mois de Chine. aaaaaah! Pardonnez ce bref instant d'hilarité.

 

Donzelle lassive et gracieuse du Parc Daguan. Le Parc Daguan, (près de chez moi) offre au visiteur épris de grandeur une vue imprenable sur le Lac Dian Shi et ses Monts de l'ouest. Sa particularité est de confondre dans un même idéal bucolique l'architecture traditionnelle chinoise aux toits recourbés et l'architecture puérile des nos attractions préférées... les chaises volantes, le train fou, les autos tamponeuses, une reconstitution grandeur nature d'un paysage nordique, sa neige reconstituée, ses chalets de bois contre- euh...re-faits... ui ui! Le Lac Dian Shi, haut lieu de la navigation lacustre et de la pêche sans espoir, voisin patient et docile de la ville,  donne à humer au marin téméraire ses embruns parfumés des odeurs inombrables de la ville.

He even took his gramophone on safari... (Petite et brève parenthèse : d'aucuns soutiennent que Out of Africa commence par I had a farm in Africa, mais les puristes savent que les premières paroles nostalgiques de Karen Blixen sont celles ci-dessus). Ceci explique cela.

Les faits : J'étais indolente, lovée mon armchair Yvon 1er tapisserie d'inspiration Hello Kaïtty, quand Anne-Laure s'est posée sur le sol Kunmingois (ainsi que je vous l'annonçais dans un précédent message. Evidemment, si vous ne suivez pas, vous ne pouvez pas suivre).

 Anne-Laure dans son sourire Cameron

Pourquoi j'étais indolente? Parce que mes dernières acquisitions culturelles sont Emma et Persuasion version BBC... ça va de soi.

Anne-Laure m'a fait découvrir et redécouvrir les beautés cachées de cette ville. En trois jours elle a fait fort, nous avons, entre autres attends !, grimpé les Montagnes de l'ouest, c'est-à-dire fait des allers-retours en oeuf au dessus du lac Dien Shi. C'est de la dernière mode à Keunming, de se tenir assis dans un oeuf mais sans les skis, sans le froid qui vous gèle le passe-montagne, sans le stick à lèvres rose qui s'épanche sur le twix... non point de nostalgie dans tout cela, je vous défends de lire dans ces lignes ce qui pourrait passer pour un manque de fresh air de nos montagnes.
Allez, on revient à Kunming! youpi! Alors on été chez Dico's, la version chinoise de McDo. Vous voulez refaire chez vous le Dic'Mac? Rien de plus facile! Acheter un BigMac, ôtez le pain, remplacez-le par une galette de grains de riz chaude et grillée; ôtez les steaks (car tout le monde sait qu'il y en a deux dans le Big Mac), remplacez-les par des crevettes enrobées de gratin; ôtez le ketchup, remplacez-le par de la mayo. Huuuum! A déguster les yeux fermés au bord du Lac Vert, le son mélodieux d'une voix chantante chinoise atteignant vos tympans, le tout de façon poétique bien sûr!

En trois jours disais-je, nous avons été shopper dans les coins les plus trendy de la capitale du Yunnan : la ville du printemps, qui est assez éternel d'ailleurs en ce moment.

Petit aparté : Anne-Laure, as-tu toujours ton coup au coeur pour la Chine?

Dali, de toutes parts, ses portes brillent de mille feux

Mais il fallut aussi se dire au revoir, comme cela arrive même aux gens très biens. Anne-Laure nous a laissé son sourire Cameron en souvenir, ainsi que deux zou trois magazines intellectuels féminins d'art de vivre, de shopper et de maigrir.

Coco Chaenele soooo trendy

Puis, votre sagacité tout autant que votre petit doigt vous le disaient, c'est belle et bien Dom, ma soeur, qu'est passée par ces contrées où je loge. 

Quels sont les souvenirs qu’aura gardés Domitille de son vrai nom, de son épopée toute picaresque? 

Pour faire vite, on a été de Kunming à Dali - bus - Lijiang bus de nuit Kunming avion Guilin (vite fait) bus Jianshuo bus Guilin (re vite fait : c'est là l'aéroport) avion Kunming.

Mondanisants : des Français des Hautes-Alpes dans les Gorges du Tigre; des Norvégiennes au Phoenix Café à Dali, venues d'Oslo ou presque et qui étaient en route pour le transsibérien avant de commencer leurs études d'infirmières; une Australienne à Qiaotou qui nous a fournis en galettes au Nutella dans un intérieur tout décoré des signatures de tous les gens qui passent, avant de nous envoler avec des sacs de plomb sur les hauteurs du Yang Tsé Kiang;

Tiens! Mais c'est Bernex?!!! hu hu hu!

... un Anglishman, je vous vois venir, non toujours pas le lord au chapeau melon qui m'emmenera tout innocemment faire les soldes à London! il était simplement et seulement dans le bus pour Qiatou, et a été prof en Finlande; des Israéliens qui comme nous ont déploré leurs toasts surbeurrés à Jianshuo, ils nous ont fort aimablement proposé de les presser pour en faire sortir l'huile essentielle, curieuse méthode! J'voulais du jus j'en ai eu!; des Chinois, tout du long, dis donc! En troupe, en groupe, en aparté, en car, en bus de nuit, au resto, souriants, bruyants, amusants surtout!

Gourmands :
un breakfast au bacon/ LE breakfast au bacon du Prague café dans la petite bourgade si typique de Lijiang. (Vous voici au courant : Dom aime les toasts avec de la confiture pour accompagner son bacon et son jus de pomme-carotte).

Joie d'un petit déj-déj à Dali: jus de coco et nouilles sautées

Moment émouvant : l'adieu au bacon breakfast au Prague Café à Lijiang.

Odorant... zet hostile :  voyage dans les bas fonds mal famés d'un bus de nuit entre Lijiang et Kunming. Nous ne nous sommes pas senties chez nous malgré ces faux airs de reblochon vieilli. Et comme c'est la tradition ici - je ne vois pas d'autre explication -, quand on a eu beau être arrivés au lieu dit Terminus à 2h00 du matin, nous - tous les passagers du bus aux odeurs ambulantes - avons comme d’un seul homme tenu à rester jusqu'à 6h28. Pour nous même qu’étions enivrées et heureuses dans un environnement sans pareil, on a fait la Chine!

Un trajet en bus de nuits Lijiang - Kunming. Une odeuir? Quelle odeuir, moi je sens rien moi! Ils nous ont refait le coup du train postal. (Merci de revoir Le Cerveau ce chef d'oeuvre du naturalisme chinois)

Charmant, si charmant : un Saint Bernard un vrai, parcourant à notre nez et à notre barbe la rue de Dali où nous avions élu notre QG : le Phoenix Café que nous vous recommandons. 

Il m'attend tout là-bas en Suisse!!! J'arrive!

Curieux, pratique : Quand à Dali la bourrasque à décorner les yacks fut venue, nos deux soeurs pédalaient aux temps chauds ne vous déplaise.
 
Dali, il suffit d'une virée à vélo et voilà que Zeus s'est déchaîné : Quoi? Vous avez lâché le Phoenix café?

Ne restait plus qu'à quitter les bords du lac en furie, pour retourner illico dans notre cugé de Dali. Et ceci de fort insolite arriva : au moment de lui rendre les vélos, la petite dame des vélos tente de nous vendre un parapluie. 10 qwaï pour 100 mètres à parcourir, non merci! C'est alors qu'accrochez-vous, de derrière les fagots de victuailles, la petite dame aux vélos sort un parapluie tout neuf dont elle nous fait cadeau! En voilà une qu'a pas perdu sa face!

Petite commerçante de Dali qui a un principe : Souviens-toi, mieux vaut donner un parapluie à des Françaises que de vendre un parapluie à des Françaises.

La nôtre (de face) était trempée et fouettée par le vent, on l'a récupérée sèche et hilare au Phoenix Café, notre cujé.

T'inquiète, Zeus, nous y revoilà!

Agressif, admiratif, respectueux, tendre : ce monument, quand le visite-t-on? Je veux parler de la Montagne du Dragon de Jade. Un conseil, si vous tentez de l'approcher côté sud, côté Lijiang et cie, elle se fait plaisante, enneigée, belle. Mais difficile et radine ! Vous devez au beau milieu de la campagne aride et somme toute pas folichonne, passer un péage, soit des qwaï et des qwaï qu'on irait trouver où, je vous  l'demande! dans ta pôche?!  Dom a des principes, j'ai mon self honneur, demi tour! Des filles complètement road tripées sont reparties sans contrefaçon queue de yack à la main et capuccino du Sprout Coffee au bide, vers Qiaotou et ses merveilles...

Domitille pour Balenciaga - la Montagne du Dragon de Jade au loin

Allez donc comme elles à Qiaotou pour la contourner cette belle montagne, et montez le long des pentes de ses voisines plus clémentes. Hum, enfin tout de même, déchirez la pente de vos ongles, agrippez-vous à ce qui reste de ronces, crachez vos poumons, usez vos semelles, laissez-vous porter par le vent puissant et fou, bénissez cette petite Dame au Snickers basée au sommet de la colline au quatre vents : là vous la verrez cette masse énorme.

Odile en total look rando : je rougis jamais parce que je mets l'houile!

Quand on la rencontre, elle fait d’abord peur, si haute, si impressionnante. On la déteste même. Elle n’est qu’un mur hideux qui ôte à celui qui se hisse au sommet voisin la joie exaltante que seuls les alpinistes connaissent, celle de dominer la vallée. Car elle est votre seul horizon. Elle semble heureuse de vous frustrer la vilaine ! Si fière, elle a quelque chose à cacher : elle ne daigne même pas nous montrer son sommet. Elle est hautaine parce qu’elle est laide, sa face est noire et sans relief. Elle détient un record mondial de dénivelé, la belle affaire !

Imposante et hostile, vue de notre première Guest House

Après une nuit en Guest House avec vue sur cette face de roc qui semble être l’un de quatre murs de la chambre, on trouve au petit matin dans un paysage qu’on a du mal à nommer ainsi – décor raté ! – des lignes de fuites... Et ce laideron prend des allures de misérable qu’on aime dans sa laideur. L’horizon qu’elle propose finalement nous est touchant : sa ligne de crête dessine des arbres vils, tordus et laids, mais on lui pardonne. Petit à petit alors que l’on la longe de l’autre côté du Yang Tsé qu’elle surplombe sans finesse et sans détours, et à mesure que l’on descend sur des pentes à en faire cagner nos genoux, on la comprend, cette façade. Pour se faire plaisante, elle prend des teintes nouvelles comme dans un effort pénible tellement elle est maladroite, elle capte des rayons de soleil.


Enfin, ce monstre sublime, plus on le regarde plus on le respecte. Une fois installées dans notre dernière Guest House, délivrées de notre marche et de nos sacs, les doigts de pieds en éventails qui prennent les courants d’air, on ne peut que contempler ce mur impressionnant. Aucun Naxi, du nom de la minorité qui embellit ces contrées hostiles et sombres de verdoyantes terrasses, ne l’a jamais escaladé. C’est beau cette sagesse toute respectueuse qui n’est pas celle de trop de touristes téméraires qui se croient invincibles. Toujours les peuples de la montagne m’impressionneront. Un délicieux apple pie-canelle sous le nez s'est senti frustré de ne pas nous captiver autant que ce mur qu’on se met à voir avec des yeux naxi. Cette montagne, on a fini par nous y attacher, comme à une protectrice qui veille. "La création est un prodige en plein épanouissement : elle complète son énormité par sa bonté" (Victor Hugo, Quatre vingt-treize).

Vivez si m'en croyez, n'attendez à demain, cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie. (Terrasse du Don Papa nà Lijiang où on a tenu, quoi... dix minutes au soleil? Tu parles d'une expédition!)

Pittoresques : les Guest Houses et restos tout de bois vêtus. C’est simple, on se sent tout de suite chez soi.

C'est le Ketchup dont on parle en Occident!!!!

Amazing !: Trouvé à Jianshuo, province du Guangxi : l'ouvrage de référence par Slavomir R. Cet homme au parcours controversé qui a filé de son campement de Sibérie à l’anglaise, vers les steppes mongoles, le désert de Gobi...pour atteindre l’Inde. Je le dévore actuellement. Jule, si tu me lis... !


Photo non truquée à Jianshuo

Oléolé: Lijiang, ville du Yack. Il fallut que nous achetâmes des queues de yack ou alors on loosait complètement. On a été deux touristes en dans les rues étroites de Lijiang - clostrophobes s'abstenir - avec une queue de yack chacune à la main. Tout est normal, disions-nous.



Lijiang, queues de Yacks, Moulin Wouge

Fashion : dear dear, c'était LE fashion show qu'on a de nos yeux vus à Jianshuo, la ville aux pains de sucres. Premier fashion pas avec l'arrivée ébouriffée de Dom pour John Galliano, Dom qui est, comme elle le dit elle-même, "tempo dépendante". L'avion avait à peine atterit que déjà la Parisienne germano-pratine vit sa chevelure se mettre au goût local.

Merveilleuses et Incroyables, égéries du goût local

Jianshuo est cette ville d'une autre Chine: l'humidité est partout, elle nous envahit! L'humeur, les baskets, la chambre d'hôtel - qui donnait sur les pains et la rivière Li.



Pains, bambous, rivière Li, pont, vélo, tabourets

Oubliées les montagnes sauvages et les "Chtinois" (hommage par cette citation à son inventeur Yvon), bienvenue chez ceux qui cultivent le riz entre deux pains de sucre, ceux qui fabriquent des petits tabourets de toute beauté simplissime, et les tee-shirts "Glamour toujours".

  J'fais quoi? je le prends? Oh j'hésite!

Nous avons croisé dans la rue principale de Jianshuo une touriste comme nous (j'appelle un chat un chat, pas de chichi en Chine) qui disait ras-le-bol les baskets humides et semblait leur préférer ces chaussons d'avion à la semelle d'un millimètre d'épaisseur. Après un "Oh les shoes!" lancé à la va comme je dis tout haut ce que les gens normalement ne comprennent pas - syndrome de la Française expatriée - la dame en question a sourit. Elle avait compris, elle était française, il fallait que ça arrive. Dom a eu à cet instant l'idée géniale de l'imiter et de yalla, parcourir la ville en ... hum, téléchargerai-je la photo?



We are the American girls living the American dream! oh-my-god!

Chic&soul: en tant que citoyennes françaises nous avons bu un Pim's au Valentine, resto au chic français de Jianshuo (Au menu, Lapin au vélours sur son canapé de rösti à la cabriolle, oh! la cabriolle! - Voir Le Grand Restaurant pour comprendre cette fine allusion) puis un ponche au New Harbour Plaza Grand Hotel or something de Kunming - il vient de changer de nom, faites excuses. Ce restaurant tournant est au sommet de l'hôtel, on y tourne moins vite que dans les tasses d'Alice au Pays des Merveilles à Eurodisney, mais on peut admirer le tout Keunmingue au son répété d'une trompette: l'ambiance est jazzy et spots bleus...

Plus bleu que le bleu de ses yeux

Des vac schtroumpfement schtroumpfs!

La boucle se boucle, merci à Dom pour ces aventures dignes de notre héros à tous...!

Par odile
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